Lucile, 27 ans, affiche déjà une carrière bien remplie : celle qui exerce depuis 2021 au SID en tant qu’IMI (ingénieure militaire en infrastructure) a déjà occupé deux postes très différents, est partie en mission en Côte d’Ivoire et possède une formation militaire complète. Au sein du pôle d’architecture à Versailles, elle met désormais en pratique son expertise sur la conception de bâtiments opérationnels. Lors d’un webinaire animé par Emilie Korchia, CEO de My Job Glasses, Lucile a pu revenir sur son parcours riche et passionnant. En voici six morceaux choisis.
1. En tant qu’officier, Lucile a occupé 2 postes en 4 ans
“Ce qui fait que, pour l’instant, j’ai déménagé de 20 km entre mes deux premiers postes. Potentiellement, vous pouvez partir à l’autre bout de la France, en fonction de vos choix et de ce qui est possible.”
“En gros, mon boulot pendant ces trois premières années, c’était de faire des petites études techniques et de les utiliser pour avoir un discours de stratégie financière.”
“J’ai (ensuite) changé de poste, je suis allée à Versailles, au pôle de maîtrise d’œuvre. (…) On doit construire quatre bâtiments sur cinq à six ans. Là, je fais tous les plans. J’ai un dessinateur qui va m’aider à faire le dessin au propre, et moi, je fais toute la conception.”
2. Au programme de sa formation militaire d’un an ? Un brevet de skieur alpin
“J’ai choisi d’aller à l’école militaire de Haute Montagne, donc c’est l’école des chasseurs alpins. (…) On apprend à faire du ski de randonnée, à tirer avec des skis, à prendre en compte la montagne quand on fait nos tirs. On apprend aussi à lire la neige pour savoir s’il y a des avalanches, comment sauver quelqu’un dans une avalanche, à le repérer, à utiliser tout le matériel nécessaire. On apprend à fabriquer des igloos, à dormir dedans, et à avoir froid.”
“Ensuite, il y a eu une semaine de stage en montagne où j’étais chef de groupe. (…) C’est une semaine de combat en montagne, très intensive, pour voir si on est capable de tenir sur la durée même en étant fatigué.”
3. Au sein de l’armée de Terre, elle a notamment appris à manier des explosifs
Ce qui est frappant, c’est que contrairement à bon nombre d’entreprises dans le civil, dans l’armée de Terre, le diplôme ne fait vraisemblablement pas tout. Chaque année, le Général Goujon refuse ainsi des ingénieurs et recrute plutôt deux ou trois bacheliers.
“Pourquoi ? Parce que devenir pilote d’hélicoptère de combat, voler à 180 km/h à 2 mètres du sol, cela demande des aptitudes très spécifiques. Chaque année, je recrute des pilotes avec un baccalauréat ou une licence, tout en laissant sur le carreau certains titulaires de diplômes d’ingénieur. Parce que ce n’est pas forcément lié.”
Selon Arnaud Goujon, c’est donc la personnalité qui prime. Elle sera d’ailleurs inspectée “sous toutes les coutures”. La capacité d’évolution, de progression, aussi. Cette personne ferait-elle un bon leader ? Pourra-t-elle diriger des équipes ?
4. Son OPEX (Opération extérieure) en Côte d’Ivoire a duré 4 mois
“C’était un environnement totalement différent : on est en Afrique, on travaille avec toutes les armées, avec un rythme de travail et de vie assez soutenu, condensé autour de l’armée et des chantiers. Les journées étaient intenses, mêlant beaucoup d’aspects techniques en simultané, ce qui rendait l’expérience très dense mais aussi très enrichissante.”
5. Au SID, il y a de nombreuses opportunités de logement et des salaires évolutifs
“Pendant ma formation militaire, je ne payais pas de loyer, je ne payais pas les repas, je ne payais pas l’habillement. (…) Au fur et à mesure, cela évolue. J’ai commencé à 1700 euros, puis 1900 euros, et actuellement, je suis à peu près à 2000 euros.”
“Vous avez aussi des opportunités de logement, surtout en Île-de-France. Moi, le logement me coûte entre 10 et 30 euros par mois. (…) J’ai aussi une prime de performance, comme dans le civil. Cette année, ma prime était d’environ 3500 euros, ce qui représente environ un mois et demi de salaire supplémentaire.”
“Concernant l’OPEX, bien qu’il y en ait de moins en moins, vous êtes payé 2,5 fois votre salaire et c’est surtout non imposable. J’ai gagné entre 5000 et 6000 euros pendant 4 mois.“
6. Être une femme dans la Défense ne lui pose aucun problème
“Sincèrement, je n’ai vraiment pas rencontré de problème au niveau du SID. L’armée, c’est simplement le reflet de la société. Donc, la société évolue, l’armée va évoluer au fur et à mesure. Dans l’armée, les femmes sont payées à égalité avec les hommes, et ça, c’est parce que ce n’est pas le cas partout ailleurs, notamment dans le civil. “
Et maintenant ?
Le parcours de Lucile vous intéresse ? Vous aimeriez en savoir plus sur les critères de sélection du SID et les évolutions de carrière possibles ? N’hésitez pas à contacter l’un des ambassadeurs du Service d’Infrastructure de la Défense et à lui poser toutes vos questions. Vous pourriez bien avoir envie de rejoindre Lucile dans son aventure !